La violence domestiquée
Dans la pratique de l'Aïkido on ne se trouve pas confronté face à un
adversaire : "Tori" absorbe l'attaque et utilise la force du partenaire
appelé "aïté". Il n'y a pas de cours réservé aux débutants, le
plus expérimenté va, lorsqu'il attaque, guider le néophyte dans la bonne
direction et, lorsqu'il effectue la technique contrôler ses gestes afin de
préserver l'intégrité physique de son partenaire.
Le fondateur de l'Aïkido a adapté des techniques martiales
dangereuses ou traumatisantes lorsqu'elles sont appliquées avec le désir de
vaincre afin que les mouvements puissent être réalisés en un seul
mouvement, jusqu'à leur terme, sans retenue et sans danger.
A tout moment l'aïkidoka pourrait redonner à la technique son
efficacité martiale primaire.
Les techniques d'Aïkido
On peut
pratiquer à mains nues avec un ou plusieurs adversaires armé(s) ou non d'un
Boken (sabre en bois), d'un Jo (bâton) ou d'un Tanto (couteau en bois), les
deux partenaires pouvant être debout, à genoux ou encore l’un debout et l’autre
à genoux.
Les attaquent consistent en des saisies (poignets, coudes, épaules, revers,
etc.), ou des attaques plus dynamiques (coup de poings, de pieds ou encore avec
le tranchant de la main). Les techniques ont pour finalité des projections, des
contrôles ou des immobilisations.
La découverte de l'aïkido passe par
l'apprentissage des formes techniques.
Le nombre de technique n'est normalement pas chiffrable :
à chaque situation correspond une réponse différente. Cependant, pour faciliter
l'étude on recense, dans ce que l'on appelle le catalogue, une vingtaine de
techniques "majeures" qui se déclinent en environ 300 formes en fonction des
diverses attaques et saisies.

En Aïkido il n'y a ni fome ni modèle, les mouvement naturels sont les
mouvements de l'Aïkido - Me Ueshiba
A propos des chutes.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser une chute spectaculaire n'est
pas le signe de reconnaissance d'un pratiquant chevronné. En effet le
pratiquant expérimenté se distingue par le fait qu'il contrôle la situation
lorsqu'il subit une technique et par conséquent il arrivera au sol d'une
manière parfaitement maitrisée. La chute "envolée" est, en règle générale, une
esquive qui permettra par exemple d'éviter le traumatisme d'une articulation
lors de la réalisation de certaines techniques, soit le choix d'un moment
dynamique pour "se faire plaisir".
Les chutes sont souvent évoquées, à tord, comme un obstacle pour
débuter l'étude de l'aïkido. Quatre vingt dix pour cent des techniques
font appel à des chutes "glissées" ( il suffit de s'accroupir et de glisser sur
ventre vers l'avant en prenant appui sur une main), à des chutes arrières
(s'accroupir et rouler en arrondissant le dos). Les dix pour cent restant
faisant appel à des chutes roulées vers l'avant sans pour cela être
traumatisantes.
Les principes.
Dans toutes les techniques, on retrouve les mêmes principes de
bases, ils sont immuables : que l'un d'entre eux ne soit pas
appliqué et la technique devient vide de sens et perd son efficacité.
En travaillant une technique, c'est toute la discipline que l'on met en
oeuvre.

Les armes (ci contre le Boken), sont un excellent moyen pédagogique pour
mettre en évidence les principes de base.'''

Sans la technique on ne peut rien trouver, mais lorsqu'on a trouvé, elle n'a
plus de sens - Me Ushiba
Toutes les techniques de l'aïkido ont pour principe un mouvement en spirale
centripète (infundibuliforme) : après avoir gardé une distance de
sécurité, puis dévié l'attaque, celui qui exécute la technique est au centre de
cette spirale et il amplifie le mouvement de son partenaire pour le contrôler
ou le faire chuter. Les déplacements réduits au strict minimum garantissent la
rapidité d'exécution.
Les bases :
Pour garantir les effets énoncés ci-dessus, il faudra mettre en place,
quelle que soit la technique un certain nombre de "bases":
- Distance et placement ( dans le temps et dans l'espace), cette notion est
commune à tous les arts de combat. (MA-AI)
- Attitude naturelle droite, équilibre, maintien physique et mental (SHISEI /
KAMAE)
- Utiliser l'énergie de l'autre, aller dans le même sens, être au bout de la
force. (KI NO NAGARE et KI MISUBI)
- Prendre le centre de l'autre et du mouvement . (IRIMI / URA : notions
à rapprocher du "yin-yang")
- Pousser, monter, ou couper en utilisant la poussée des hanches, en mettant
tous les segments du corps dans le même sens. (IKKYO UNDO)
- "Respiration", seule une respiration, souple, ample, libre et continue peut
permettre une bonne coordination des mouvements et une bonne circulation
énergétique. (KOKYU)
- Déplacement, mouvoir son corps librement. (TAI SABAKI)
- Nouer, délier : se libérer d'une saisie. (TE ODOKI)
- Pouvoir porter une frappe précise dirigée sur un point vital de l'organisme
pendant toute la réalisation de la technique. (ATEMI)